L'ONU doit remédier à son déficit démocratique et mieux inclure la voix des citoyens

Secretariat, 25. avril 2014

Lors d'un dialogue interactif, le président du réseau de recherche Earth System s'est adressé à l'Assemblée générale de l'ONU et soutient le projet d'Assemblée parlementaire à l'ONU

Lors d'un dialogue interactif organisé à New York par l'Assemblée générale des Nations Unies à l'occasion de la journée de la Terre le 22 avril dernier, Frank Biermann, le président du

Le professeur Biermann s'adresse à l'Assemblée générale de l'ONU
Image : ONU

projet international de Système de gouvernance de la Terre, a exhorté la communauté internationale à « engager un sérieux processus de réforme de la gouvernance et des institutions internationales » afin de réaliser « de nouveaux types de multilatéralisme ». Ce professeur de sciences politiques a souligné que l'humanité est confrontée à « une transformation fondamentale des éléments constitutifs du système planétaire dans son ensemble » et que les dispositions internationales existantes ne sont pas suffisamment efficaces pour relever ce défi.

Il faut améliorer la prise de décision, la transparence et l'équité

Selon M. Biermann, le corpus de recherche examiné par le réseau Earth System indique que « les règles de prise de décision des négociations multilatérales et du système onusien sont en grande partie obsolètes. Elles ne sont pas efficaces et, de manière générale, ne sont pas justes », a-t-il déclaré à son auditoire. Remplacer le principe de consensus par un scrutin à la majorité pourrait accélérer les décisions. « Nous pourrions envisager différentes règles de majorité et de scrutin pour différents domaines. Nous pourrions envisager des majorités multiples, complexes, combinées ou superposées. Et nous avons certainement besoin de définir clairement les garanties institutionnelles protégeant les pays les plus petits », a-t-il suggéré.

Faisant référence au « déficit démocratique » de l'ONU, ressenti dans « de nombreuses régions du monde », le scientifique a déclaré que « lorsque nous voulons renforcer les Nations Unies afin de contribuer à atteindre notre objectif global d'administration planétaire, nous devons remédier à ce potentiel manque de confiance ou de compréhension des citoyens ».

Pour illustrer l'amélioration de la prise en compte « de la voix des citoyens dans les processus onusiens », il a mentionné des mesures débattues par la communauté universitaire telles que des « assemblées délibérantes mondiales rassemblant des citoyens de tous les pays et régions », une « assemblée parlementaire en tant que seconde chambre du système onusien » et « la valorisation des grands groupes au sein du système onusien au moyen d'un forum d'organisations de la société civile ».

Enfin, M. Biermann s'est montré préoccupé par la répartition inégale de la richesse dans le monde. « Il ne fait aucun doute que l'équité et la justice doivent être au cœur du cadre international pérenne de développement durable », a-t-il affirmé.

Des projets audacieux, tel que celui d'Assemblée parlementaire à l'ONU, sont nécessaires

Après sa présentation, M. Biermann a déclaré à la Campagne internationale pour la création d'une APNU personnellement soutenir « l'idée générale d'une Assemblée parlementaire dans le système onusien car, comme je l'ai souligné dans mon discours à l'Assemblée générale de l'ONU cette semaine, il existe un besoin urgent d'apporter des solutions aux préoccupations en matière de légitimité et de transparence des institutions mondiales ».

Il a de plus souligné que « le soutien général apporté au projet d'APNU est croissant et j'espère qu'aborder ce sujet dans les organes tels que l'Assemblée générale de l'ONU peut contribuer à accroître l'intérêt des décideurs. Cependant, des réformes progressives du système onusien ne seront pas suffisantes pour faire face aux problèmes du XXIe siècle, ainsi qu'au déficit démocratique au niveau mondial. Des idées audacieuses et des des projets audacieux, tels que celui d'Assemblée parlementaire à l'ONU, ou la proposition de prise de décision à scrutin à majorité qualifiée, que j'ai également mentionnée dans mon discours, sont nécessaires pour inspirer et déclencher un changement aboutissant à des transformations ».

Webdiffusion du dialogue interactif de l'ONU

Texte complet du discours du professeur Biermann

Pour en savoir plus

28 novembre 2012 : Interview avec Frank Biermann : la gouvernance mondiale du XIXe siècle n'est pas faite pour faire face au changement climatique

20 avril 2012 : Débat sur un parlement mondial lors de la conférence du réseau Earth System Governance

Image : le panel lors du dialogue interactif, capture d'écran de la webdiffusion, source : Nations Unies