Des intellectuels appellent “à une rapide mise en place de formes de démocratie mondiale”

Secretariat, 26. juin 2012

Un Manifeste pour la démocratie globale rendu public

De célèbres intellectuels de plus de dix pays ont rédigé un Manifeste commun “pour une démocratie globale” qui a été présenté mercredi 27 juin lors d’une réunion à Londres, cinq jours après la Conférence des Nations unies sur le développement soutenable de Rio de Janeiro et une semaine après la réunion du G20 à Los Cabos, au Mexique. Dans ce document, environ 25 signataires initiaux déclarent

L'initiateur du manifeste : Fernando Iglesias de l'Argentine
Image : CEUNPA

que les défis de la globalisation exigent « la mise en place rapide de formes de gouvernance démocratique globale pour tous les défis face auxquels les actuels sommets inter-gouvernementaux se sont montrés incapables de trouver une solution».

Le texte déclare que les politiques sont à la traîne derrière les faits vu que «l’économie est devenue globale, mais les institutions politiques et la démocratie n’ont pas suivi cette tendance». Selon le document, l’ordre international qui a émergé depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la chute du mur de Berlin «,’a pas été en mesure de diriger les grandes avancées en matière de technologie et de systèmes de production pour le bien de l’humanité».

Soutien à une Assemblée parlementaire des Nations unies comme «embryon d’un futur parlement mondial»

Les signataires suggèrent que « des formes nouvelles de démocratie, plus vastes et plus profondes doivent être crées au niveau global. Les Etats-nations devraient «faire partie d'une structure plus large et mieux coordonnée, laquelle doit articuler des institutions démocratiques régionales sur tous les continents, et comprendre une réforme de la Cour Internationale de justice, la promotion d’une Cour pénale internationale plus juste et équitable, et la création d’une Assemblée parlementaire des Nations unies, germe d’un futur Parlement mondial».

Comme cette déclaration le met en exergue, cet objectif d’un nouvel ordre démocratique global devrait être atteint par «un processus socio-politique ouvert à tous les êtres humains, dont l’objectif est l’institutionnalisation d’une démocratie globale participative». Les signataires appellent « tous les êtres humains à participer à la constitution d’une démocratie globale.

L’un des signataires, l’intellectuel et homme politique argentin Fernando Iglesias, a commenté que le Manifeste «est une déclaration pluraliste qui souligne les valeurs partagées entre des personnes ayant des histoires et des convictions différentes, et la nécessité de progresser vers des institutions régionales, internationales et globales démocratiques capables de faire face aux défis du 21° siècle».

Les signataires du Manifeste

Les signataires initiaux, presentés comme des “autorités de premier plan en cette matière”, sont Abdullahi Ahmed An-Na'im, Daniele Archibugi, Jacques Attali, Bertrand Badie, Zygmunt Bauman, Ulrich Beck, Mary Burton, Noam Chomsky, Richard Falk, Susan George, David Held, Mary Kaldor, Mathias Koenig-Archibugi, Lucio Levi, Giacomo Marramao, George Monbiot, Antonio Negri, Heikki Patomaki, Beatriz Sarlo, Saskia Sassen, Fernando Savater, Roberto Saviano, Juan José Sebreli, Richard Sennett, Vandana Shiva et Andrew Strauss.

Le Manifeste sera lancé par une série d’évènements internationaux d’ici décembre 2012 à Londres, New York, Bruxelles, Buenos Aires et New Delhi. Le premier ayant été celui de Londres.

Le site internet du Manifeste
Le texte intégral du Manifeste

Top image: Youth and civil society walk out of Rio 20 summit in protest, by Youth Policy (Flickr), CC BY-NC-SA 2.0