Intellectuels et activistes publient un manifeste en faveur de la démocratie mondiale

Secretariat, 18. octobre 2011

Les intellectuels Naomi Klein, Vandana Shiva, Noam Chomsky, Eduardo Galeano et Michael Hardt, aux côtés des organisateurs et des activistes des récentes manifestations de masse, ont publié un manifeste appelant à la démocratie mondiale et, en particulier, à une administration démocratique du système financier international. Le manifeste a été publié dans le quotidien The Guardian le 14 octobre 2011, à la veille de manifestations organisées dans plus de 950 villes de plus de 80 pays, inspirées par les manifestations Occupy Wall Street à New York, les révolutions du Printemps arabe

Logo des manifestations organisées dans le monde entier le 15 octobre 2011
Image : 15october.net

et les manifestations appelant à une « vraie démocratie » en Espagne.

Selon ce manifeste qui a été adopté par de nombreux activistes et groupes, dont Democracia Real Ya International, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe, aux États-Unis, en Asie et en Amérique du Sud, les institutions telles que le G8, le G20, le Fonds monétaire international, ou le Conseil de sécurité de l'ONU doivent être rendues démocratiques ou « être renversées ».

Selon ce document, en ces temps de mondialisation, « la vie des gens est façonnée par des forces mondiales. Notre emploi, notre santé, notre logement, notre éducation et notre retraite sont contrôlés par les banques, les marchés, les paradis fiscaux, les corporations et les crises économiques mondiaux ». Dans ces conditions, poursuit le document, « les citoyens du monde doivent prendre le contrôle des décisions dont ils subissent l'impact à tous les niveaux, du niveau mondial au niveau local ».

Selon les commentaires des activistes Ana Sofia Suarez et Shimri Zamer, publiés dans The Guardian, « tous les individus participant aux manifestations mondiales n'ont bien sûr pas adopté ce manifeste ». Cependant, les signataires espèrent que « ce texte soit légitime, en tant que manifeste issu des manifestations et soutenu par une grande partie des participants, tels que Democracia Real Ya International, ainsi que l'assemblée principale de Madrid, de Boston, de Buenos Aires et de São Paulo ». Ils ont ajouté qu'il s'agissait d'une décision délibérée de leur part que de ne pas définir « ce que sont que les institutions démocratiques internationales » et de « laisser cela en tant que principe ».

Manifeste pour une démocratie mondiale unie

« Le 15 octobre 2011, unis dans notre diversité, unis pour un changement mondial, nous exigeons la démocratie mondiale : une gouvernance mondiale par le peuple, pour le peuple. Inspirés par nos sœurs et frères en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie, au Bahreïn, en Palestine-Israël, en Espagne et en Grèce, nous appelons à notre tour à un changement de régime : un changement de régime global. Pour reprendre les mots de Vandana Shiva, l'activiste indienne, nous demandons aujourd'hui que le G8 soit remplacé par l'ensemble de l'humanité : le G 7 000 000 000.

Les institutions internationales non démocratiques telles que le FMI, l'OMC, les marchés mondiaux, les banques multinationales, le G8, le G20, la Banque centrale européenne et le Conseil de sécurité de l'ONU, sont notre Moubarak, notre Assad et notre Khadafi mondiaux. Comme Moubarak et Assad, ces institutions ne doivent pas pouvoir continuer à dicter leur vie aux citoyens du monde sans le consentement de ces derniers. Nous sommes tous nés égaux, riche ou pauvre, femme ou homme. Tout Africain et tout Asiatique est égal à tout Européen et tout États-Unien. Nos institutions globales doivent refléter cela, ou être renversées.

Aujourd'hui plus que jamais, la vie des gens est façonnée par des forces mondiales. Notre emploi, notre santé, notre logement, notre éducation et notre retraite sont contrôlés par les banques, les marchés, les paradis fiscaux, les corporations et les crises économiques mondiaux. Notre environnement est détruit par la pollution sur d'autres continents. Notre sécurité est déterminée par les guerres internationales et le commerce international d'armes, de drogue et de ressources naturelles. Nous sommes en train de perdre le contrôle de nos vies. Cela doit s'arrêter. Cela va s'arrêter. Les citoyens du monde doivent prendre le contrôle des décisions dont ils subissent l'impact à tous les niveaux, du niveau mondal au niveau local. C'est cela, la démocratie mondiale. C'est ce que nous exigeons aujourd'hui.

Comme les Zapatistes mexicains, nous disons « Ya basta ! Aquí el pueblo manda y el gobierno obedece » : Assez ! Ici le peuple commande et les institutions obéissent ! Comme les indignés espagnols, nous disons « Democracia Real Ya » : « Une vraie démocratie maintenant ! » Aujourd'hui, nous appelons les citoyens du monde : mondialisons la place Tahrir ! Mondialisons la place Puerta del Sol ! »

Image du haut : Naomi Klein en train de faire une déclaration lors d'un forum ouvert à Occupy Wall Street, le 6 octobre 2011. Source : David Shankbone, CC BY 3.0