Le Parlement latino-américain débat de la création d'un parlement mondial

Secretariat, 2. octobre 2010

La création d'une Assemblée parlementaire des Nations Unies (APNU) a été l'un des thèmes débattus lors d'une conférence interparlementaire du Parlement latino-américain qui s’est tenue au Sénat argentin, à Buenos Aires, et qui portait sur l’intégration régionale et la réforme des institutions internationales.

Introduisant le sujet, le parlementaire argentin Fernando Iglesias a souligné que la mondialisation avait changé la réalité

Le député Fernando Iglesias, sénatrice Sonia Escudero, Shahriar Sharei et Andreas Bummel (de gauche à droite)
Image: Le Sénat de l'Argentine

politique et économique mondiales de manière fondamentale. « Vu d'aujourd'hui, même le contexte de l'an 2000 semble obsolète. Mais les institutions mondiales n’ont pratiquement pas évolué. » M. Iglesias a fait valoir que, bien que l’annonce de la fin de l'État-nation, qui était fréquente dans les années 1990, ait témoigné d’une forte exagération, il était tout aussi inapproprié de prétendre que rien n'avait changé. « Dans de nombreux domaines, la gouvernance mondiale est désormais une nécessité absolue. Mais la population mondiale n'est pas associée aux prises de décision », a déclaré M. Iglesias. « La question est de savoir comment changer cette situation et la solution est d'établir un parlement mondial. »

Le deuxième intervenant, Andreas Bummel, secrétaire de la Campagne pour la création d'une Assemblée parlementaire des Nations Unies, a souligné que les organisations internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international ou l'Organisation mondiale du commerce « créent une politique globale ayant un impact énorme sur le commerce international, les finances et les économies nationales ». Toutefois, contrairement au niveau régional où les instances parlementaires se multiplient, « aucun organisme parlementaire formel n’existe dans l'une de ces institutions internationales », a ajouté M. Bummel. Il a soutenu que cette lacune devrait être comblée par la création d'une Assemblée parlementaire de l’ONU qui compléterait les organes existants de l'ONU : « Le nouveau contrat social mondial a besoin de deux piliers : les citoyens individuels et les Etats-nations », a déclaré M. Bummel. Ces deux dimensions pourraient s’exprimer par l'actuelle Assemblée générale des Nations Unies et par une chambre parlementaire complémentaire qui serait, à terme, élue au suffrage direct.

Les autres sujets abordés lors de la table ronde ont concerné des points particuliers comme la répartition des sièges au sein d’une APNU, le rôle de l'Union interparlementaire, les options juridiques pour créer l’Assemblée, ainsi que les pouvoirs et les fonctions possibles. Dans le principe, le Parlement latino-américain soutient la proposition d'une APNU. En 2008, une résolution a été adoptée à cet effet.

La table ronde était animée par la Secrétaire générale du Parlatino, la sénateur Sonia Escudero. Elle a été suivie par des exposés sur, entre autres, la réforme de la Charte des Nations Unies, la réforme du Conseil de sécurité et le rôle du G-20. Shahriar Sharei de la World Alliance to Transform the UN, Jorge Arguello, Ambassadeur de l’Argentine à l'ONU et Pablo Tettamanti, Directeur du Département des Organisations Internationales au Ministère argentin des Affaires étrangères, étaient au nombre des orateurs. La conférence a été suivie par les législateurs et les experts de quatorze pays.

La réunion du Parlement latino-américain constituait la première partie d'un programme de dix jours sur la démocratie mondiale coordonné par l’organisation non gouvernementale argentine Democracia Global. Il se poursuivra lundi par une réunion internationale de participants à la Campagne pour une Assemblée parlementaire des Nations Unies au sein du bâtiment du Congrès national. Enfin, jeudi et vendredi, la réunion annuelle du Conseil du World Federalist Movement - Institute for Global Policy fait partie de l’ordre du jour.

Image du haut: Événement sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Sénat de l'Argentine