L'Assemblée Nationale des Seychelles soutient la proposition d'un organe élu à l'ONU

Secretariat, 13. février 2010

En octobre 2009, l'Assemblée Nationale des Seychelles, qui compte trente-trois membres, a approuvé à l'unanimité une motion préconisant le soutien la République des Seychelles à l'établissement d'une Assemblée Parlementaire aux Nations Unies. Le Parlement de la nation archipel de l'Océan indien, composée de 115 îles et peuplée d'environ 84 000 habitants, est parmi les premiers dans le monde à avoir déclaré son soutien politique à la création d'un organisme mondial élu. À cette occasion, nous avons discuté avec le président de son Comité pour les Affaires Internationales, l'Hon. Waven Williams.

Les partisans d'une assemblée parlementaire mondiale prétendent en général qu'il y a actuellement un déficit de démocratie dans la gouvernance mondiale. Quelle est selon vous la nature de ce déficit ?

L'Hon. Waven William à un panel à Bruxelles en Juillet 2008
Image: CTA

Trop de décisions sont prises aujourd'hui au niveau mondial qui ont un impact majeur sur les résidents de la terre, qu'il soit positif ou négatif, bien que les habitants de ce monde n'aient pas eu l'occasion de faire entendre leurs opinions. Ceux en possession du pouvoir économique et financier peuvent diriger les affaires du monde en leur faveur au détriment des plus faibles. Des accords de partenariat signés en de telles circonstances ne créent pas réellement de situation mutuellement bénéfique, ils servent plutôt à protéger les intérêts de ceux qui sont déjà en position avantageuse.

Comment pensez-vous qu'une Assemblée Parlementaire à l'ONU pourrait contribuer à corriger cette situation ?

Si elle était mise en place, les représentants élus de tous les pays du monde pourraient faire en sorte que les prises de décision et les mesures menées soient équilibrées, justes, et dans l'intérêt de tous. Grâce à l'assemblée, les voix des populations pourraient se faire entendre. Cela rendrait possible la prise de conscience indispensable au développement de réflexions qui puissent réellement apporter amélioration et changement.

À l'Assemblée Général des Nations Unies, tous les pays ont une voix, quelle que soit leur taille. Afin d'équilibrer cet arrangement, il a été suggéré que le nombre de représentants élus pour chaque pays dans une assemblée parlementaire pourrait être attribué selon la population du pays, tandis que les petits pays auraient un nombre minimum de sorte qu'ils soient tout de même représentés. Pensez-vous qu'une telle structure pourrait néanmoins rester bénéfique à un petit état insulaire tel que les Seychelles ?

Oui, cependant je suggérerais qu'une rotation au niveau de la représentation des petits états soit considérée afin de rendre le processus aussi démocratique que possible.

Les chefs des délégations du Parlement Européen et du Parlement Panafricain à la Conférence de Copenhague sur le Climat ont déclaré leur conviction qu'une Assemblée Parlementaire est cruciale au renouvellement des structures décisionnelles de l'ONU. Pouvez-vous concevoir que les négociations sur le climat seraient plus probantes si un parlement mondial était impliqué ?

Absolument, puisqu'un parlement mondial est le but de cette campagne continue, ne perdons pas de vue cet objectif fondamental d'obtenir une plus grande participation et représentation pour les habitants de la planète.

A quel point ressentez-vous déjà les impacts du changement climatique sur les Seychelles ?

Ils sont de plus en plus tangibles et inquiétants. Les habitudes de consommation dans le monde, en particulier dans les pays en voie de développement, par exemple en termes d'énergie, ont des répercussions écologiques par delà les frontières et les pays les plus susceptibles d'en subir les conséquences sont les petits états insulaires. La hausse du niveau des mers est bien réelle, tout comme l'érosion du littoral, toujours plus évidente, ainsi que l'érosion des berges des rivières et des marais. Le blanchissement des coraux est encore un autre phénomène qui devient de plus en plus manifeste, et la hausse des températures a des effets néfastes sur hommes et animaux et bouleverse radicalement leur habitat naturel. En définitive, ces changements ont également un impact économique supplémentaire, imprévu, sur le pays. Ils sapent les capacités de résistance à long terme de notre nation en appelant à d'avantage d'investissements dans des projets et stratégies d'adaptation.

Le gouvernement partage-t-il l'avis de l'Assemblée Nationale sur la nécessité d'une Assemblée Parlementaire des Nations Unies ?

Le gouvernement est d'avis qu'il s'agit sans doute de la voie à suivre dès à présent pour préserver les intérêts des peuples de la planète; parmi les questions qui viennent à l'esprit sont celles d'une répartition équitable des richesses, de la réduction de la pauvreté et de l'intégration au marché international.

Quels sont vos projets maintenant que vous avez adopté cette résolution ?

Nous comptons suivre de près les positions prises dans le monde et au niveau international afin d'encourager d'autres à se joindre à la campagne, ainsi qu'inciter le gouvernement à jouer un rôle beaucoup plus important à l'ONU, et en particulier à ce qu'il tente de convaincre d'autres gouvernements d'envisager la création de cet important organe de contrôle au sein de l'ONU.